Historique du funiculaire Gléresse-Montagne de Diesse LTB
La ligne Gléresse-Montagne de Diesse a été inaugurée le 8 juin 1912. L'idée de relier la station de plaine de Gléresse à Prêles, sur le plateau de Diesse, naquit le jour de l'Ascension de 1895 lorsque trois hommes (Charles Favre, gouverneur, Arnold Gauchat, président de commune et David-Louis Rossel, hôtelier) décidèrent de construire un funiculaire.
Une concession, délivrée par la Confédération, était requise pour la construction d'un funiculaire. Le bureau zurichois d'ingénieurs Froté et Westerman, mandaté par les trois promoteurs, dépose une demande à cet effet en 1905. Le Parlement accorde en juin 1906 l'autorisation de réaliser un " funiculaire électrique (ou éventuellement un chemin de fer à crémaillère) reliant Gléresse à Prêles". Le Conseil fédéral, dans son message, relève que "les villages de Prêles, Lamboing, Diesse, Nods et Lignières, situés sur le plateau, à des altitudes allant de 400 à 600 mètres de plus que le niveau du lac de Bienne, sont actuellement coupés de la circulation. Les routes qui y conduisent sont raides et pénibles. La ligne projetée devrait en premier lieu faciliter les déplacements vers Gléresse des habitants de ces localités. Ce nouveau moyen de transport favorisera aussi le tourisme puisque la station supérieure de Prêles est le point de départ par excellence d'excursions vers le Chasseral".
Un comité d'initiative, créé à Gléresse, se penche en 1906 lors d'une assemblée publique sur l'aspect financier. Selon les premières estimations, la construction de la voie, d'une longueur de 917 mètres, est devisée à 324'000 francs. Une solution alternative, avec un virage en S permettant d'éviter la construction d'un tunnel, augmente les frais de quelque 115'000 francs, ce qui porte le devis total à 420'000 francs.
La société anonyme indispensable à l'exploitation de la ligne voit le jour le 29 avril 1910 à Bienne. Les actions sont détenues par des particuliers, onze communes limitrophes et quatre communes bourgeoises. Afin toutefois de rendre possible l'acquisition des actions LTB, les citoyens décident de vendre la Montagne de Diesse à la commune de Bienne. Le canton accorde au LTB un prêt de 60'000 francs soumis à intérêts. Commande est alors passée de débuter les travaux.
Des wagons en bois aux wagons en aluminium
Le 13 mai 1910, lors de l'assemblée constitutive de la société anonyme, les conseils d'administration élisent Arnold Rossell comme leur premier président. L'inauguration de la nouvelle ligne a lieu le 8 juin 1912 après environ deux ans de travaux et, le 9 juin 1913, soit presque jour pour jour une année après la mise en service du funiculaire LTB, les CFF inaugurent la nouvelle gare de Gléresse, l'endroit même d'où les voyageurs pourront accéder sans peine au LTB.
Le funiculaire se compose de deux voitures en bois permettant à 40 personnes d'y prendre place. Il est équipé de deux plate-formes à ciel ouvert - pour le conducteur et le transport de marchandises -, de deux compartiments fermés et de deux compartiments partiellement à ciel ouvert destinés aux voyageurs. Le prix de la montée est de 80 centimes, celui de la descente de 60 centimes.
Le nombre de voyageurs transportés passe de 9640 (en 1913) à 70575 (en 1929). Les années '30 voient une régression du nombre de passagers. Le record, 178042 passagers, est atteint en 1947. Le transport des marchandises subit d'importantes fluctuations, passant de 647 tonnes en 1913 à un maximum de 4736 tonnes en 1920. Pendant l'entre-deux-guerres, cette part n'atteint que 1500 tonnes par an et ces chiffres n'augmentent pas de façon notable dans les années d'après-guerre. Jusqu'en 1968, le transport des marchandises fluctue aux alentours de quelque 1000 tonnes par année. Le transport de marchandises s'effondre ensuite totalement.
L'entreprise LTB reprend en 1931 la régie postale, desservant la région entre Prêles et Nods avec un autocar Saurer 18 places, auquel s'ajoute en 1936 un autre véhicule à 31 places. Par la même occasion, la desserte LTB est développée, assurant la liaison de Prêles à La Neuveville; le rayon du service postal LTB est ainsi prolongé de 10 kilomètres. En 1974, un autobus scolaire reprend l'exploitation, puis en 1976, un nouvel autobus.
Les deux anciennes voitures en bois seront remplacées en 1949 par deux nouvelles voitures en acier d'aluminium léger de 60 places, fabriquées par l'entreprise Gangloff de Berne. Diverses améliorations sont également apportées aux installations mécaniques et électriques.
Rénovation
A la fin du 20e siècle, le LTB est "à bout de souffle": Deux solutions sont possibles : une rénovation complète ou le remplacement par une nouvelle installation. Quelle que soit l'option choisie, les possibilités financières du LTB ne sauront y faire face. La compagnie n'est viable qu'à la seule condition de fusionner avec la société anonyme aare seeland mobil (asm), fusion qui intervient par la suite. Lors de leurs assemblées générales du 21 juin 2003 (LTB) et du 26 juin 2003 (asm), les actionnaires des deux entreprises de transport approuvent la fusion à une très forte majorité et, par conséquent, la rénovation et la transformation. Ces décisions sont prises à la condition que la Confédération et les cantons octroient une contribution financière. Sans fusion, le LTB aurait purement et simplement dû cesser son activité. Le 17 février 2004, la nouvelle cabine au design moderne est mise sur les rails à la station supérieure du LTB de Prêles.
Dernières statistiques concernant l'ancien funiculaire
En 2002, le LTB a transporté 76'707 personnes, totalisant 14'590 courses, ce qui, calculé sur 360 jours, donne une moyenne de 213 personnes par jour. Les mois d'affluence maximum étaient juin avec 9'642 passagers et août avec 9'867 personnes transportées. Expo 02 a eu une influence néfaste sur le nombre de personnes transportées, qui a diminué par rapport à l'année précédente de 5'796. Quatre collaborateurs, (trois à plein temps et un à temps partiel) sont responsables de l'exploitation et de l'entretien.
